Lunes / Lunes 13

Tango

Paroles de Francisco García Jiménez - Musique de José Luis Padula.

 

     Pour la date de composition de ce tango, les sites de référence Todotango et Hermanotango donnent, l’un, la date de 1927, l’autre, celle de 1939. Pourtant, on note un premier enregistrement instrumental, celui de Roberto Firpo, qui date de 1917 ; le premier enregistrement chanté répertorié, celui d’Edgardo Donato, avec Luis Díaz, date, quant à lui, de 1931 !

 

Quelques enregistrements :

 

  • Roberto Firpo, en 1917 ;
  • Francisco Canaro, en 1927 ;
  • Orquesta Típica Victor, en 1930 (*) ;
  • Edgardo Donato, avec Luis Díaz, en 1931 (*);
  • Antonio Bonavena, avec Jorge Omar, en 1932 ;
  • Roberto Firpo, en 1932 ;
  • José Luis Padula, en 1935 ;
  • Juan D'Arienzo, en 1938 ;
  • Alfredo De Angelis, avec Carlos Dante, en 1947 ;
  • Armando Baliotti, en 1951 ;
  • Donato Racciatti, en 1952 ;
  • Quinteto Pirincho, dir. Francisco Canaro, en 1952 ;
  • Alfredo De Angelis, avec, au chant, sa fille Isabel (Gigi De Angelis), en 1976.

 (*) sous le titre Lunes 13 (13 es el número de mala suerte !)

Lunes

Un catedrático escarba su bolsillo
pa’ ver si un níquel le alcanza pa’ un completo…
Ayer -¡qué dulce!-, la fija del potrillo;
hoy -¡qué vinagre!-, rompiendo los boletos…
El almanaque nos bate que es lunes,
que se ha acabado la vida bacana,
que viene al humo una nueva semana
con su mistongo programa escorchador.

Rumbeando pa’l taller
va Josefina,
que en la milonga, ayer,
la iba de fina.
La reina del salón
ayer se oyó llamar…
Del trono se bajó

pa’ir a trabajar…
El lungo Pantaleón (1)
ata la chata (2)
de traje fulerón
y en alpargatas.
Ayer en el Paddock
jugaba diez y diez…
Hoy va a cargar
carbón al Dique 3.

Piantó el domingo del placer,
bailongo, póker y champán.
Hasta el más seco pudo ser
por diez minutos un bacán.
El triste lunes se asomó,
mi sueño al diablo fue a parar,
la redoblona 
(3) se cortó

y pa’l laburo hay que rumbear.
Pero, ¿qué importa que en este monte criollo (4)

hoy muestre un lunes en puerta el almanaque?
Si en esa carta caímos en el hoyo,

ya ha de venir un domingo que nos saque.


No hay mal, muchachos, que dure cien años
y ligaremos también un bizcocho (5)
A lo mejor acertamos las ocho
¡y quién te ataja ese día, corazón!…

Lundi

Un expert en turf fouille dans sa poche
pour voir s’il a encore une thune pour son p’tit déj’…
Hier – du miel ! - le tuyau sur ce poulain ;
aujourd'hui – pouah ! – à déchirer les tickets...
Le calendrier nous dit qu’on est lundi :
elle est finie la belle vie,
une nouvelle semaine menace
avec son misérable programme d’ennui.

Elle reprend le chemin de l’atelier,
la Josefina,
elle qui avait belle allure

hier à la milonga.
"Reine de la salle”,
qu’elle s’est entendue appeler hier...
Elle est descendue du trône
pour aller travailler ...
Et le long Pantaleón,
vêtu à la diable,

en espadrilles,
arrime la charrette (2).
Hier, au Paddock,
il misait dix gagnant et dix placé (6)...
Aujourd'hui, il va charger
du charbon au Dock 3.

Il a filé, le dimanche des plaisirs (7),
danse, poker et champagne.
Même le plus fauché peut,

pendant dix minutes, être un rupin.
Se pointe le triste lundi,
mes rêves sont partis au diable,
la Redoblona (3) a fermé
et il faut reprendre le boulot.
Mais qu’importe, dans cette partie de monte criollo 
(4),

si le calendrier montre qu'aujourd’hui se profile un lundi ?
Si, avec cette carte, nous sommes "tombés dans le trou",
un autre dimanche viendra pour nous en sortir.
Il n’y a pas de malheur qui dure cent ans
et, pour nous aussi, ce sera du nanan 
(5)...

Peut-être que nous toucherons "les huit" ;
Et, ce jour-là, y en a un qui te chopera, mon cœur ! ...

 


(1) On retrouve El lungo Pantaleón dans la bande de fêtards du Baile a beneficio (milonga de 1950 - texte de José Alfredo Fernández, musique de Juan Carlos Caviello).
(2) Au sens figuré, atar la chata, ou arrimar la chata (ou el carro), c’est aussi, familièrement, approcher une femme avec l’intention d’engager une aventure, en un mot la draguer.

(3) Le pari couplé : une des formes de la Quiniela, le PMU.

(4) Monte criollo : jeu de carte traditionnel. Voir à ce sujet notamment le tango canción de 1935 portant ce titre (texte d’Homero Manzi sur une musique de Francisco Pracánico).

(5) L’expression, littéralement lier un gâteau, est employée ici dans un sens figuré à connotation sexuelle. Dans l'ouvrage “Tango: Sex and Rhythm of the City (Reaktion Books – Reverb - page 133), Mike Gonzalez et Marianella Yanes n'hésitent pas à traduire ce vers en anglais par : And ... we’ll get laid..., quelque chose comme : “A nous la baise !”. Quant à nous, nous resterons dans le registre des douceurs gustatives, avec ce sera du nanan...

(6) Selon la traduction de Mike Gonzalez et Marianella Yanes.

(7) Enrico Macias ne dira pas mieux dans Les millionnaires du dimanche !

     

     Voici la version de la Típica Victor, de 1930 :

 

(Merci à Mariola Golińczak)