Ensueños

Texte d'Enrique Cadícamo - musique de Luis Brighenti.

 

Premier enregistrement :

  • celui d'Osvaldo Fresedo en 1928 ;

puis

  • celui de Carlos Di Sarli en 1943 ;

plus récemment :

  • celui du Quinteto Real (entre 1960 et 1970), repris par le Nuevo Quinteto Real en 1996 ;
  • et celui du Quinteto Ángel, groupe allemand (album Final De Fiesta sorti en 2009), dans un arrangement très voisin de celui d'Horacio Salgán, mais où le violoncelle remplace la guitare.

 

Ensueños

 

Ensueños... Fantasías del Ayer...
Veinte años... Ilusión
de andar y recorrer...
La alegre Juventud vino a golpear
las puertas de los dos
y fuimos al azar (1)...
El mundo nos atrajo y al andar

 

Tú y yo fuimos felices de verdad...

 

En todos los andenes hubo un tren

que siempre nos llevó
soñando a algún andén...

El panorama de París nos hizo suspirar,
su niebla puso 
más splin en nuestro deambular...

Mimí Pinsón (2),
Marcelo y Schaunard (3)
surgieron al andar
en nuestra ensoñación...
Los dos bebiendo la alegría de viajar y andar...

Los dos llevando en nuestros ojos la misma visión...
Cuánto soñé
besándote en París...
...y hoy, cuanto lloro al ver

tu cabellera gris.

Los años no han podido derrotar
del todo tu beldad...
...aún queda un resto fiel...
Veinte años hace ya que al recorrer
el mundo vos y yo
salimos una vez...
Veinte años... ¡Quien pudiera detener
la aguja del reloj y retroceder...!
...Pero hoy queda otro viaje que emprender...
¡Amada! A preparar

el viaje a la vejez...! 

 

Rêveries

 

Rêveries ... Images d'autrefois...

Vingt ans ... Le plaisir

de courir le monde...

La souriante Jeunesse est venue frapper

à nos portes à tous deux

et nous sommes partis au hasard ...

Le monde nous a attirés et, dans ces périples,

toi et moi, nous avons été vraiment heureux...

A chaque quai, nous avons trouvé un train 

pour toujours nous emporter ;

et nous rêvions encore de quais...

 

Le panorama de Paris nous a fait soupirer,

sa brume a ajouté du spleen à nos flâneries ...

Mimi Pinson,

Marcel et Schaunard

nous sont apparus au détour

de notre rêverie ...

Tous deux nous buvions la joie de ces voyages...

Tous deux nous emportions dans nos yeux la même vision...

Comme j’ai rêvé

en t'embrassant à Paris ...

...et aujourd'hui, comme je pleure en voyant 

tes cheveux gris.


Pour autant, les années n'ont en rien

eu raison de ta beauté ...

...dont il subsiste toujours un reste fidèle ...

Cela fait vingt ans que, pour courir

le monde, toi et moi,

un jour nous sommes partis...

Vingt ans ... Qui pourrait arrêter

l'aiguille de l’horloge et la faire reculer ... !

...Mais aujourd'hui voila un nouveau voyage à entreprendre ...

Ma bien-aimée ! Préparons

le voyage vers la vieillesse... !

(1) La partition porte "al azahar" : "à la fleur d'oranger" !

(2) Référence à l'oeuvre d'Alfred de Musset "Mademoiselle Mimi Pinson, profil de Grisette" (1845), une grisette étant une jeune fille de basse condition, coquette et galante, ainsi nommée parce qu’autrefois les filles de petite condition portaient de la grisette (étoffe grise de peu de valeur).

(3) Marcello y Schaunard : Marcel et Schaunard, personnages des Scènes de la vie de bohème d'Henri Murger (1847-49), oeuvre qui a inspiré le livret de La Bohème de Puccini (1896). On y retrouve le personnage de Mimi.

 

Traduction François Benoist ©

 

     Toutes les interprétations recensées sont instrumentales. On peut s'étonner de ne pas trouver de versions chantées sur ce texte de Cadícamo, qui en vaut un autre...

 

     Écoutons celle de Carlos Di Sarli de 1943 (vidéo avec, dans les notes, le texte et sa traduction en anglais par Paul Bottomer ©).

  

 

       Les jeunes danseurs Fátima Hazime et Guillermo "El Peque" Barrionuevo donnent ici, en 2008, une honnête interprétation, sans prétention et sans esbroufe, de la version d'Ensueños enregistrée par le Nuevo Quinteto Real en 1996.

 

 

 

 

Haut de page

 

 

     Sur le thème de la grisette, on pourra se reporter au tango Griseta d'Enrique Delfino, le texte étant de José González Castillo (1924).

  

Griseta 

 

Mezcla rara de Museta (4) y de Mimí
con caricias de Rodolfo y de Schaunard (5),
era la flor de París
que un sueño de novela trajo al arrabal...
Y en el loco divagar del cabaret,
al arrullo de algún tango compadrón,
alentaba una ilusión:
soñaba con Des Grieux,
quería ser Manon (6).

Francesita,
que trajiste, pizpireta,
sentimental y coqueta
la poesía del quartier,
¿quién diría
que tu poema de griseta
sólo una estrofa tendría:
la silenciosa agonía
de Margarita Gauthier? (7)

Mas la fría sordidez del arrabal.
agostando la pureza de su fe,
sin hallar a su Duval (8),
secó su corazón lo mismo que un muguet.
Y una noche de champán y de cocó,
al arrullo funeral de un bandoneón,
pobrecita, se durmió,
lo mismo que Mimí,
lo mismo que Manón.

 

 

 

(4) Musette de l'opéra de Jules Massenet.

(5) Mimí, Rodolfo et Schaunard : MimiRodolphe et Schaunard, personnages des Scènes de la vie de bohème et de La Bohème de Puccini.

(6) Des Grieux et Manon de L’Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut de l’abbé Prévost (de 1728 à 1731, puis en 1753). Cette oeuvre a donné lieu à de nombreuses adaptations pour l'opéra, entre autres : Manon de Massenet (1884) et Manon Lescaut de Puccini (1893).

(7) Marguerite Gautier de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils.

(8) Armand Duval : l'amant de Marguerite Gautier.

 

     Pour la traduction en français de ce texte, on pourra se reporter au site de Fabrice Hatem (Griseta).

 

     Plus tard, en 1943, le personnage de Marguerite Gautier inspirera Julio Jorge Nelson pour écrire le texte du tango Margarita Gauthier sur une musique de Joaquín Mora.

 

 

Haut de page