Tres esquinas

Tango de 1941

 

   La musique est d'Ángel D'Agostino et Alfredo Attadía, le texte du grand poète et musicien Enrique Cadícamo.

      

      Dans ce texte, c'est le Tango lui-même qui parle de sa naissance et de sa jeunesse, qu'il situe dans le quartier de Barracas, tout au Sud de Buenos Aires, désigné ici par le quartier des Trois Carrefours.

 

     On connaît la version de référence d'Ángel D'Agostino, enregistrée en 1941 (avec Ángel Vargas au chant), celle d'Armando Pontier (avec, au chant, Hugo del Carril) et aussi la reprise d'Ariel Ardit y su Orquesta Típica, parue en 2010, et celle de Sexteto Milonguero de Javier Di Ciriaco, parue en 2011.

 

      On trouve une traduction en anglais de ce tango sur Planet tango (Tango Lyrics in Spanish and English), où l'on peut écouter la version D’Agostino - Vargas.

 

     Pour la présente traduction en français, nous avons tenté de prolonger la traduction des deux premières strophes proposée sur son blog par Denise Anne Clavilier.

 

 

Tres esquinas

Yo soy del barrio de “Tres Esquinas”,
viejo baluarte de un arrabal,

donde florecen como glicinas
las lindas pibas de delantal.

Donde en la noche, tibia y serena,
su antiguo aroma vuelca el malvón
y bajo el cielo de luna llena
duermen las chatas del corralon.

 

 

 

Soy de ese barrio de humilde rango,
yo soy el tango sentimental,
soy de ese barrio que toma mate,
bajo las sombras que da el parral.

En sus ochavas compadrié 
(1) de mozo,

 

pele la daga por un loco amor,
y vi en los ojos de una maleva
la ardiente ceba de mi pasión.


Nada hay más lindo ni más compadre
Que mi suburbio murmurador,
Con los chimentos de las comadres
Y los piropos del picaflor…

Vieja barriada que fue estandarte
De mis arrojos de juventud,
Yo soy del barrio que vive aparte
En este siglo de Neo-Lux.

 

(1) pour compadreé, de compadrear.

Les Trois Carrefours

Je suis du quartier des "Trois Carrefours",
Un vieux pilier du faubourg,

Où fleurissent comme glycines
Les jolies mômes en blouse. (*)

Où dans la nuit douce et sereine
Le géranium répand son parfum d’antan
Et sous le ciel de pleine lune
Dorment les charrettes de la remise. (*)

 

(*) Traduction © Denise Anne Clavilier.

 
Je suis de ce quartier d’humble rang,
Je suis le tango de l’émotion,
Je suis de ce quartier qui boit le maté
Sous les ombrages qu’offre la treille.


A ses pans coupés, j’ai frimé dans ma jeunesse,
J’ai joué du couteau par fol amour
Et j’ai vu dans les yeux d’une fille de rien
De quoi nourrir le feu de ma passion.


Il n’y a rien de plus beau ni de plus fier
Que ma banlieue et ses murmures
Et les potins des commères
Et les compliments des galants...


Vieux quartier qui a été l’étendard
De mes audaces de jeunesse,
Je suis du quartier qui vit à l’écart
En cet âge de « Neo-Lux (2)».

 

(2) La "nouvelle lumière" du XIXème siècle !

 

Traduction François Benoist ©  

 

 

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